L’extrême extrême-droite en France ? Pas pour nous.

L’heure est grave, comme on l’entend partout dans les médias, 3 jours avant le bouleversement attendu dans l’équilibre des forces dans notre pays, bouleversement qui s’annonce historique. Nous saurons dimanche soir à quel point il l’est.

À Alternesles, nous ne donnons pas de consignes de vote. Nous pensons que les électeurs sont des citoyens le plus souvent informés, adultes, et toujours libres. Nous avons constamment souhaité que les Neslois soient informés au mieux de ce qui se passe dans le village, sans autre arrière-pensée que de leur permettre de choisir au mieux de l’intérêt général, dans une perspective humaniste et solidaire. Ainsi, vous ne lirez pas ici ce qu’il faut faire, nous préférons vous fournir quelques éléments d’information.

Au sein d’Alternesles, nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout. Nous avons même parfois de profondes divergences sur la mise en pratique d’une vision cependant commune sur quelques grands principes : solidarité, transparence, démocratie, environnement.

Encore aujourd’hui, sur des élections sensibles comme les législatives en cours, nous ne nous prononçons pas de manière uniforme sur le choix des élus qui nous représenteront à l’Assemblée Nationale. Mais nous partageons une certitude : le rassemblement national est plus dangereux pour notre démocratie, et donc pour notre nation, que tout autre mouvement politique. Pour cette raison, et pour prendre officiellement position sur un seul point : aucun d’entre nous ne favorisera l’élection de la candidate RN.

En effet, la candidate RN, ancienne cheffe de cabinet adjointe de M. Maréchal qui se présente avec le soutien du RN, ne fait que déclamer le discours programmatique à la fois faible et imprécis du RN. Mais surtout, il est de notoriété publique qu’elle est proche des mouvements identitaires de la Nouvelle droite, mouvements qui nous sont totalement étrangers (aussi bien les suprémacistes blancs aux USA que les encagoulés d’une extrême-droite néo-fasciste adepte de la théorie du grand remplacement). Cette candidate – adhérente au Front National de la Jeunesse à l’adolescence – s’est présentée aux législatives 2022 dans les Yvelines (!) sous l’étiquette Reconquête (É. Zemmour). Et elle appointe à l’institut Iliade, institution qui prétend 1) savoir ce qu’est l’Occident (le vrai) 2) le défendre et le protéger (cet article est assez clair). On comprend mieux à la lecture approfondie de leurs positions pourquoi cette partie de l’extrême-droite (ou bien est-ce tout le RN ?) choisira à un moment de laisser la Russie s’approprier l’Ukraine. Ne serait-ce que pour cette raison, nous ne pouvons que redouter la présence d’une telle représentante à l’Assemblée Nationale du pays des droits de l’Homme.

Si nous ne devions ajouter qu’une seule raison supplémentaire, citons la volonté de privatisation de l’audiovisuel public promise par le RN. Même si cette promesse ne manquera pas de se heurter au European Media Freedom Act (qui vise notamment à assurer le fonctionnement indépendant des médias de service public) adopté par le parlement européen le 14 mars dernier, nous nous devons de rester vigilants sur la mise sous contrôle des médias. L’histoire nous apprend que la culture et l’information sont les premiers biens communs que tentent de domestiquer tous les régimes politiques d’extrême-droite. Nous faisons déjà face à une assez grande concentration des médias entre quelques individus pour ne pas aggraver une situation que nous jugeons, sur un plan démocratique, préoccupante.

Pour ces quelques motifs parmi d’autres, que nous souhaitions partager avec nos lecteurs, nous ne favoriserons pas la poussée d’une telle droite dans notre territoire. Ensuite, à chacun(e) de se déterminer ! Bon vote.

Méthaniseur à Chambly, épandage à Nesles : avis d’enquête publique

Nous avons été avertis récemment de la tenue d’une enquête publique sur un sujet qui concerne directement notre commune. SI cette enquête est publique, sa publicité est pourtant restée très discrète… vous pouvez la consulter ici.

Cette enquête publique a lieu du mardi 17 janvier 2023 au lundi 13 février 2023 inclus ! Si vous souhaitez réagir, il reste peu de temps !

On y comprend que le méthaniseur, dont l’objet est de transformer tous types de déchets organiques en méthane, est situé dans l’Oise, donc pas dans notre département, même si Chambly est à moins de 10 km de Nesles. Et qu’une enquête publique sur l’implantation d’une usine dans l’Oise ne porte pas facilement jusqu’à Nesles.

Fonctionnement d’une unité de méthanisation (ill. ministère du développement durable)

Cependant, cet « avis de consultation du public » nous concerne directement puisqu’il s’agit d’une demande d’enregistrement (construction et exploitation d’une unité de méthhanisation) ET d’épandage (des digestats, produits solides issus de la méthanisation) sur 15 communes de l’Oise et 5 du Val d’Oise, dont Nesles.

Vous pourrez lire ici un dossier constitué par la chambre d’agriculture des Hauts-de-France, assez complet sur le sujet – 100 pages. Ce dossier s’apparente à une étude d’impact de l’épandage des digestats sur les sols tel qu’envisagé par les « prêteurs de terres » (agriculteurs souhaitant utiliser ces sous-produits de la méthanisation en complément des intrants habituels (engrais végétaux, de synthèse ou non), et par la société qui procède à la méthanisation (SAS L’Oise au vert, sise à Chambly).

Notons pour la petite histoire que cette société au nom plutôt doux et à consonance « verte » a été fondée en 2020 par le gérant de la société avicole Mesnil St Martin, entreprise condamnée en avril 2022 par le Tribunal de Senlis pour 1059 infractions relevées dans cet élevage industriel de 200 000 poules (voir ici l’article du Parisien). Cette condamnation faisait suite à une enquête de l’association L124, plutôt bien documentée comme souvent.

Bien sûr, élevage et méthanisation ont peu à voir. Mais on peut s’interroger sur les motivations des créateurs de l’entreprise, et la capacité à tenir leurs engagements en matière de respect de la législation, des règles et normes. Le respect du vivant (animaux, environnement végétal, faune…) est un critère que nous privilégions, même si la méthanisation est une façon a priori élégante de réduire l’émission de gaz à effets de serre…

Vous apprendrez en lisant le document de la chambre d’agriculture des Hauts-de-France que les risques liés à l’épandage sont considérés comme minimes, au regard des « tolérances ». Cependant, il n’y est pas question des effets de certains produits dérivés (métaux notamment) et de leur accumulation au cours des années sur les sols et les nappes phréatiques. Et pour cause, on ne le saura que dans 10 ou 20 ans, comme pour de nombreux polluants très utilisés dans les années 60-70 et dont on sait aujourd’hui à quel point ils ont ravagé nos sols. Le principe de précaution semble passer ici au second plan, tant la production de gaz (surtout en cette période de risque de pénurie) est essentielle pour les acteurs industriels.

Ce type de projet s’inscrit-il complètement dans le développement durable ?

Pour en apprendre plus sur le plan de méthanisation de l’Etat : document PDF

image illustration : infographie du Ministère du développement durable

Charlie-Hebdo

Nesles la Vallée soutient Charlie-Hebdo

Le mot « Liberté » sur les frontons de nos Mairies porte bien son nom, aujourd’hui.

Nous apprenons à l’instant qu’un rassemblement est prévu ce midi sur la place de la Mairie en mémoire aux victimes de l’attentat d’hier à Paris, et en soutien à Charlie-Hebdo et à la liberté d’expression, à laquelle chacun est très attaché.

Ceux qui peuvent y participer sont bienvenus !

Vote du budget : pourquoi nous nous sommes abstenus

Nous, représentants d’Alter Nesles, avons décidé de nous abstenir lors du vote du budget communal.

Nous ne souhaitions pas voter contre. Mais nous ne pouvions pas voter pour.

En effet, pour voter en conscience, il faut disposer d’informations, et prendre le temps du recul, temps nécessaire à toute analyse. Quelle que soit la qualité de la présentation du budget qui nous a été faite lors du conseil municipal du 10 avril, et l’importance du travail réalisé par les équipes précédente et actuelle, travail que nous ne remettons pas en cause, nous estimons qu’il est très difficile de se prononcer sur une question d’importance (notamment le budget communal) sans avoir la connaissance préalable des différents éléments constitutifs de ce budget préparé par la commission des finances.

Comment aurions-nous pu avoir ces informations ?

Il ne nous a pas été permis de siéger à la commission des finances. Le mode de désignation de ses titulaires ne pouvait que nous en écarter. 2 sièges sur 19, c’est peu. Même si ces 2 élus représentent près de 27 % des voix de Nesles. Il ne nous a pas non plus été possible d’assister ne serait-ce qu’à la dernière réunion de cette même commission. Si une proposition orale nous fut faite lors du premier conseil (en tant qu’auditeur, sans droit de parole), nous n’avons pas reçu de convocation formelle suite à la demande écrite de notre part. Il nous a été indiqué par mail le 7 avril que l’on répondrait à nos questions le 10 avril, lors du conseil délibératif. Or, poser des questions sur un document de plus de 10 pages de tableaux, lignes et chiffres, parfois peu détaillés, qui défilent rapidement au cours d’une séance de 3 h n’est pas toujours facile. De nombreuses dépenses méritent une lecture attentive, certaines recettes peuvent appeler des questions… Et malgré la maîtrise du déroulement de l’exposé, le temps imparti limite la pertinence et la profondeur des interventions.

Nous prenons notre rôle d’élu au sérieux. Pour prendre nos responsabilités au moment du vote, nous ne pouvons nous satisfaire d’une simple présentation – même accompagnée d’explications techniques – d’un sujet aussi ardu et important que le budget communal. Bien entendu, compte-tenu de la minorité que nous représentons, nos voix ne pèsent que très peu dans la décision finale. C’est ainsi que nous avons choisi, dans ce contexte, de ne pas voter ce budget. Il eût été préférable, de notre point de vue, d’associer l’un de nos conseillers aux travaux préparatoires de cette commission. Une façon d’alimenter le débat et de faire valoir certains de nos axes de programme. Mais peut-être cela viendra-t-il  ?

Nous tenions à vous informer de notre position et des raisons qui nous y ont conduit.